Partager l'article ! Le Musée des Horreurs, Chapitre 2 : L'Epouvantail: Les Epouvantails sont vraiment trop cool. On ne peut pas vraiment parler d'un monstre à part ...
Les Epouvantails sont vraiment trop cool. On ne peut pas vraiment parler d'un monstre à part entière, du moins au départ. Mais ils ont tellement dévié de leur fonction première qu'ils sont pour
moi devenus un grand classique du bestiaire horrifique.
Ceux qui ont vu Jeepers Creepers 2 s'en souviennent sûrement. Petit film sympatique dont l'ambiance de la scène de départ avec l'épouvantail est assez terrible. Et même si au final, ce n'est pas
un épouvantail mais un monstre déguisé tel quel, ce dont on se souvient, c'est que l'Epouvantail est un prédateur.
J'aurais même tendance à l'élever au rang de prédateur ultime, à certains niveaux. La force d'un prédateur est souvent l'effet de surprise dont il bénéficie au moment où il bondit sur sa proie.
Là, aucune surprise. Vous savez déjà qu'il est là. Vous le voyez, il vous voit. Mais peu importe, il a le temps. Il n'a que ça d'ailleurs. Il guette. Tout ce qui compte, c'est d'attendre le bon
moment. On doute puis on se dit : "Mais non, ce n'est qu'un épouvantail. Ca ne bouge pas." Et il compte sur ça aussi... comme sur le fait qu'on croit qu'il est solidement attaché à son
poteau.
Ceux qui disent qu'ils n'ont pas peur n'ont qu'à aller en pleine nuit dans un champ de maïs gardé par un épouvantail. Evidemment, il faut aimer se faire peur. C'est comme aller dans une maison
hantée juste pour voir, c'est une question de contexte.
Quoiqu'il en soit l'Epouvantail laisse une impression de malaise et je pense que c'est du à sa représentation à l'échelle humaine et au rapport avec la personne que cela entraîne. Finalement,
l'Epouvantail est une création de l'homme destinée à faire fuir les animaux mais qui ne fait peur qu'aux êtres humains.
Quand j'ai
montré ce dessin à ma copine, elle n'a pas remarqué tout de suite que c'était un épouvantail, parce que selon elle, on avait l'impression qu'il était vivant et qu'il allait lui sauter dessus. En
fait, ça m'a fait assez plaisir parce que c'était l'effet que je cherchais à obtenir.
Pour le style, j'ai essayé de le faire un peu à la Frank Miller (Ceux qui ne connaissent pas, courez lire l'excellent Sin City), le moins possible de traits directeurs. Suggérer au maximum la
forme par les ombres (et la lumière).
Il n'est pas toujours évident de travailler en contraste pur noir et blanc. J'avais envie de rajouter des effets de matières, de salissures mais je me suis retenu pour ne pas dénaturer ce que
j'essayais de faire.
Avant de commencer à dessiner mon épouvantail, j'ai fouillé sur le Net pour voir ce qui se fait. J'ai été assez surpris de trouver énormément de choses mignonnes. J'ai eu l'impression d'être un
troll cauchemardant de bisous sucrés et de petits oiseaux voletant autour de moi (cf. Trolls de Troy Tome 1 aux Editions Soleil).
Les gens semblent avoir oublié que dans épouvantail, il y a "épouvant(e)". Evidemment, qui a envie d'avoir des monstres dans son jardin (à part moi) ? En même temps, quand on a des enfants, un
monstre de plus ou de moins, hein ? L'Epouvantail devrait être un classique à sortir les soirs d'Halloween.
Du coup, j'ai décidé d'en dessiner un deuxième, à ma façon.
J'ai apprécié d'y ajouter un style Hellraiser avec des crochets et des vieux clous. J'aime imaginer les chaînes tintant au vent de façon sinistre. Sont-elles bien solides ?

Et là c'est sûr, non seulement je passe pour mais un fou, mais je me dis que si un agriculteur plante un truc pareil dans son champ, à défaut de faire fuir les oiseaux, les gamins du coin ne
viendront plus jouer dans les cultures.